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 I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY

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MessageSujet: I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY   Sam 23 Juil - 22:32




« Destroy the spineless , show me it's real , wasting our last chance to come away.
Just break the silence … 'Cause I'm drifting away. Away from you »

-J’t’emmerde.  Je glousse. Je pourrais lui faire le reproche de ne pas chercher bien loin sa réplique. Parce que, quand même, j'avais fait un effort pour trouver une insulte un peu original, on vous traite souvent de larve, vous ? Mais je n'en avais ni la force, ni l'envie. A quoi bon chercher la merde ? Et puis de toute façon je me sentais trop mal, ma voix résonnait un peu trop fort dans mon crâne pour que je puisse articuler une formule assez correcte pour lui donner l'envie de répondre avec plus d'énergie. Je n'avais d'ailleurs même pas remarqué ma tenue presque inexistante, composée simplement d'un boxer noir assez simple. Putain j'avais les seins à l'air quoi... Mais bon. Ce n'était pas le cadet de mes soucis, et au pire, mon voisin pourra se rincer l'oeil quelques heures, c'est pas pour autant qu'il pourra les toucher. Mes lolos. - Putain, Tu m’as prise pour qui ? Démerde-toi.  J'aurais bien rigolé, mais ma mâchoire me faisait trop mal, alors je souriais à nouveau. Sa voix. Je ne l'avais plus entendue depuis quand..? Sûrement quelques heures, et pourtant, j'avais l'impression que cela faisait une éternité. Pauvre son, raisonnant dans ma mémoire de façon singulière et monotone, alors qu'en réalité, c'était un bel éclat de voix cristalline qui se répercutait sur les murs comme mon coeur bondissait sur ma poitrine. Drôle d'effet. Avais-je touché à la drogue l'autre soir ..? Je ne pense pas. Plutôt crever que de prendre ce qui m'avait envoyé ici. Alors pourquoi je me sentais si euphorique ..? Alcool mal digéré, sûrement.

Je vois alors sa main. Enfin non... D'abord, une chose floue se mettant en face de mon visage, qui prend par la suite la forme de sa main. Elle pue pas trop ? Je détaille un moment celle-ci, qui me rappelait à quel point la peau de la demoiselle était délicieuse. J'avais laissé mes lèvres se brûler sur sa peau bouillonnante et pourtant douce. Mes doigts avaient glissés le long de sa colonne, traçant une droite parfaite, parfaite comme son corps, parfaite comme sa voix, son odeur, ses cheveux, son regard, son rire... Elle était parfaite. « D'où tu piques dans mes paquets toi ? » Reproches, toujours, encore. Pas même un merci, pas même un Bien dormi ? Simplement des paroles lancées, diffuses, irréfléchies, semblables à mon état: déplorable.
Je prend l'objet, tâte le sol, tombe sur l'un de mes nombreux briquets perdus et allume ma belle source de nicotine qui vient alors m'offrir le plus doux des soulagements et embrumer un peu plus mon esprit moins râleur, moins douloureux. Et puis je tâte de nouveau le parquet à la recherche d'un quelconque tissus, parce que mine de rien, il faisait un peu froid. Je tombe sur une chemise que je ne met jamais et l'enfile, je n'avais pas le courage pour chercher quelque chose de plus appréciable. Et puis la chemise était large, donc, confortable, donc, parfaite pour cet instant.

- T’as qu’à nous faire un bon truc pendant que je prends une douche, femme.  Je hausse un sourcil et la fixe. Je crois que mon regard voulait dire Mais elle est folle celle là ? Alors que je pensais plus Ton truc sera pas bon si c'est moi qui le cuisine. Mais bon, mon regard ne peut pas exprimer tout ce que je ressens, tout ce que je pense ou veux dire. Sinon, cela ferait longtemps que mon regard serait déjà un tueur en série, mais qu'en plus elle aurait prit fuite. La petite Jeny. Jeny. Je me pince la lèvre et me redresse enfin, sentant mes cheveux ébènes se dresser sur ma tête. « Hé, hé ! Si tu squattes MA douche tu fais MA bouffe. Question de logique. Sinon j'te fou dehors. » Paroles en l'air, paroles nocives qui rendent mon esprit las de tant de puérilité.


Dernière édition par Extasy E. O'Sullivan le Mer 27 Juil - 2:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY   Mar 26 Juil - 4:57

Bordel. Du bruit. Beaucoup trop de bruit. Des mots aussi, trop flous pour être compris. Elle râle et gesticule, mais ce qu’elle fait n’a aucune importance. Si elle pouvait juste se taire, ce serait génial. Mais non, elle ne peut pas. Puis un bruit horrible, plus strident retentit. Un verre qui se casse. Peut-être un cendrier. J’m’en fous. Juste un peu de silence, s’il vous plait. J’aimerais terminer ma nuit. Mes yeux restent fermés, comme s’ils voulaient ordonner à mon cerveau de ne pas se réveiller. Et ça marche. Je suis incapable de bouger, comme si mon corps n’était plus relié à ma cervelle. Minable loque. Je lâche un râle rauque, surprise moi-même d’avoir réussi à produire un son. Le tapage continue. Dans un effort surhumain, je tends mon bras vers l’autre moitié du lit. Vide. Un doux parfum se dégage des draps encore chauds. Agréable odeur de femme. Pas vraiment consciente, je remarque que les rêves n’ont pas d’odeur. Mais ce parfum, je le connais, je l’ai déjà senti, ce n’est pas le mien. Moi, je sens le vice. Je ne sais pas pourquoi. Surement parce que ça colle à la peau. A moins que ce ne soit que moi qui sois paranoïaque. Va savoir. « Et merde. » Pourquoi je réfléchis comme ça ? Je veux juste dormir. J’attrape l’oreiller sans me demander à qui il appartient. Incapable de raisonner, ça ne me traverse même pas l’esprit. Je lance un juron à peine audible et recouvre ma tête du coussin pour me boucher les oreilles. Faible espoir de retrouver mes songes. Nuit noire et calme, bordée par un plaisir superficiel. Un court instant, le vacarme cesse, laissant mon corps las retomber dans le néant. Bonheur exquis de ne penser à rien, de rêver un peu. Mais aucun songe n’apparait. Il n’y en a pas le temps.

Faut pas rêver chérie. Tu crois vraiment qu’elle a l’intention de te laisser en paix ? Ses mains sur mes chevilles sont froides, contraste désagréable avec la chaleur du lit. Elle me touche. Qui ? Elle me parle. Mais qui putain ? J’inspire fortement et m’étire en prononçant des sons indescriptibles. Tous mes membres sont ankylosés. Un terrible mal de crâne me suggère de ne pas me lever, mais elle ne semble pas de cet avis. Elle est réveillée et veut partager cette douleur. Elle fait chier. J’ouvre un œil avec peine. Il fait jour, la lumière m’agresse. Nouvelle plainte. Quelle heure est-il ? Où suis-je ? Entre deux bâillements, je me frotte les yeux pour les ouvrir complètement. Je ne reconnais pas directement le lieu. Ce n’est pas chez moi. Puis je la vois. Extasy est là. Elle sourit. Stupidement, en me regardant, elle sourit. Je ne comprends pas pourquoi. J’ai un truc sur la gueule ? Oui je sais, je fais encore plus peur au réveil qu’en temps normal. Je serais presque désolée pour la désillusion mais je me sens trop mal pour cela. Et puis qu’est-ce que je fous là ?

- Qu’est-c’que tu veux ?

Accompagné d’un gémissement plaintif, je me redresse sur le lit. Je passe mes mains sur mon visage sans trop comprendre ce qu’il m’arrive. Emergeant de ma léthargie, j’essaie de me souvenir. Me souvenir de quoi ? De mes dernières vingt-quatre heures ? De toute ma vie ? Ou simplement le pourquoi du comment de ma présence ici ? Il n’y a rien à se souvenir. Tout est flou. Comme si la veille n’avait jamais eu lieu. Mais petit à petit, tout reprend forme. Je saisis alors que ce que je croyais être un rêve s’avère être la réalité. Vaguement, des événements indécis reviennent frapper ma mémoire. Je ne sais plus dans quel ordre tout c’est déroulé et une bonne partie de ce qu’il s’est passé est destinée à l’oubli. Pourtant, je me souviens encore la douceur de ses lèvres, la tendresse de ses caresses, la chaleur de son corps. « T'es qu'une putain de grosse larve, Jeny. » Quel charme. Elle s’adresse à moi, mais je n’écoute pas vraiment. Enfin si. Mais lentement. Il faut que je décortique chaque mot, que j’assimile chaque son. Puis la phrase prend son sens. Elle résonne en écho dans ma tête, amplifiant ma migraine. Je ne sais pas ce qui m’a plu en premier chez elle, mais je crois que c’est son prénom. Extasy. Le plaisir. La drogue. Extasy, ce nom m’attire tellement. Extasy… j’aurais pu répéter ce mot inlassablement.

-J’t’emmerde.

Flemme de développer. Parce que parler demande un effort trop difficile. Parce que sa remarque n’est d’aucune utilité aussi. Et puis merde, je n’ai pas à me justifié. J’ai mal dormi, peu être trop longtemps, peut-être pas assez. Je n’en sais rien, mais j’ai mal au crâne. Toutes sortes d’insultes me traversent l’esprit, mais je préfère me taire. Je n’aime pas le matin. D’ailleurs c’est encore le matin ? Surement pas. « En plus j'ai la dalle. T'as intérêt à m'faire la bouffe une fois debout, femme. » Pardon ? J’ai mal entendu il me semble. Elle me réveille de force dans un vacarme hallucinant et elle me demande de cuisiner juste après ! Désolée pour toi ma belle, mais ce n’est pas ma priorité. Mes sourcils se froncent et mes dents se serrent, mais je n’ai pas le courage de m’énerver. Dans d’autre circonstances, j’en aurais surement ri, mais vu mon état ce n’est pas possible.

- Putain, Tu m’as prise pour qui ? Démerde-toi.

De toute façon à part faire cuire des pates, je ne sais absolument pas cuisiner. Et même si je savais, ce n’est pas comme si j’en avais l’envie. Rampant pathétiquement le long du lit, je regarde minutieusement toute la pièce. Où elles sont ? Nos vêtements étalés au sol me rappellent l’enivrement et la précipitation de la veille. Je réalise au même moment que j’ai dormi nue. Je récupère mon boxer abandonné au pied du lit et l’enfile. Ouais, c’est mieux quand même. Par la même occasion, je remarque ce que je cherchais à la base. Je tends le bras sous le lit et m’empare d’un paquet de cigarette qui ne m’appartient pas. Rien à foutre. J’en ai plus. Elle ne m’en tiendra pas rigueur. Je m’en allume une dans un bruyant soupir de satisfaction. Celle du réveil, elle est cruciale. La journée peut enfin commencer. Prenant mon courage à deux mains, je réussi à me lever. Je rallume une deuxième clope et rejoint Exta. A moitié nue au milieu de sa chambre, je lui tends l’une des cigarettes.
Je ramasse mon débardeur et le met. Je ne suis pas pudique et je veux bien qu’on ait des affinités, mais je n’en suis pas à m’exhiber totalement –quoique je ne pense pas que ça la gênerait. Sans y mettre beaucoup de conviction, je passe mes doigts entre mes cheveux emmêlés.

- T’as qu’à nous faire un bon truc pendant que je prends une douche, femme.

Oui, je suis un parasite. Je m’invite chez les gens, prends leurs affaires, leur bouffe, leur lit et tout ce que je peux me procurer. Et puis je reste. Pour plein de raisons. Parce que c’est économique, parce que je hais par-dessus tout la solitude et parce qu’ils m’offrent une stabilité que j’ai perdu. Mais ne vous précipitez pas dans les conclusions hâtives. Je ne m’installe pas chez n’importe qui. C’est un privilège d’avoir ma présence. Si, je vous jure. Je suis dépendante. En la regardant, je ne pu m'empêcher de sourire.
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MessageSujet: Re: I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY   Mer 27 Juil - 15:05




« Destroy the spineless , show me it's real , wasting our last chance to come away.
Just break the silence … 'Cause I'm drifting away. Away from you »

-J’t’emmerde.  Je glousse. Je pourrais lui faire le reproche de ne pas chercher bien loin sa réplique. Parce que, quand même, j'avais fait un effort pour trouver une insulte un peu original, on vous traite souvent de larve, vous ? Mais je n'en avais ni la force, ni l'envie. A quoi bon chercher la merde ? Et puis de toute façon je me sentais trop mal, ma voix résonnait un peu trop fort dans mon crâne pour que je puisse articuler une formule assez correcte pour lui donner l'envie de répondre avec plus d'énergie. Je n'avais d'ailleurs même pas remarqué ma tenue presque inexistante, composée simplement d'un boxer noir assez simple. Putain j'avais les seins à l'air quoi... Mais bon. Ce n'était pas le cadet de mes soucis, et au pire, mon voisin pourra se rincer l'oeil quelques heures, c'est pas pour autant qu'il pourra les toucher. Mes lolos. - Putain, Tu m’as prise pour qui ? Démerde-toi.  J'aurais bien rigolé, mais ma mâchoire me faisait trop mal, alors je souriais à nouveau. Sa voix. Je ne l'avais plus entendue depuis quand..? Sûrement quelques heures, et pourtant, j'avais l'impression que cela faisait une éternité. Pauvre son, raisonnant dans ma mémoire de façon singulière et monotone, alors qu'en réalité, c'était un bel éclat de voix cristalline qui se répercutait sur les murs comme mon coeur bondissait sur ma poitrine. Drôle d'effet. Avais-je touché à la drogue l'autre soir ..? Je ne pense pas. Plutôt crever que de prendre ce qui m'avait envoyé ici. Alors pourquoi je me sentais si euphorique ..? Alcool mal digéré, sûrement.

Je vois alors sa main. Enfin non... D'abord, une chose floue se mettant en face de mon visage, qui prend par la suite la forme de sa main. Elle pue pas trop ? Je détaille un moment celle-ci, qui me rappelait à quel point la peau de la demoiselle était délicieuse. J'avais laissé mes lèvres se brûler sur sa peau bouillonnante et pourtant douce. Mes doigts avaient glissés le long de sa colonne, traçant une droite parfaite, parfaite comme son corps, parfaite comme sa voix, son odeur, ses cheveux, son regard, son rire... Elle était parfaite. « D'où tu piques dans mes paquets toi ? » Reproches, toujours, encore. Pas même un merci, pas même un Bien dormi ? Simplement des paroles lancées, diffuses, irréfléchies, semblables à mon état: déplorable.
Je prend l'objet, tâte le sol, tombe sur l'un de mes nombreux briquets perdus et allume ma belle source de nicotine qui vient alors m'offrir le plus doux des soulagements et embrumer un peu plus mon esprit moins râleur, moins douloureux. Et puis je tâte de nouveau le parquet à la recherche d'un quelconque tissus, parce que mine de rien, il faisait un peu froid. Je tombe sur une chemise que je ne met jamais et l'enfile, je n'avais pas le courage pour chercher quelque chose de plus appréciable. Et puis la chemise était large, donc, confortable, donc, parfaite pour cet instant.

- T’as qu’à nous faire un bon truc pendant que je prends une douche, femme.  Je hausse un sourcil et la fixe. Je crois que mon regard voulait dire Mais elle est folle celle là ? Alors que je pensais plus Ton truc sera pas bon si c'est moi qui le cuisine. Mais bon, mon regard ne peut pas exprimer tout ce que je ressens, tout ce que je pense ou veux dire. Sinon, cela ferait longtemps que mon regard serait déjà un tueur en série, mais qu'en plus elle aurait prit fuite. La petite Jeny. Jeny. Je me pince la lèvre et me redresse enfin, sentant mes cheveux ébènes se dresser sur ma tête. « Hé, hé ! Si tu squattes MA douche tu fais MA bouffe. Question de logique. Sinon j'te fou dehors. » Paroles en l'air, paroles nocives qui rendent mon esprit las de tant de puérilité.
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MessageSujet: Re: I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY   Mar 23 Aoû - 17:45

Étrange impression qui me traverse l’esprit, j’ai moi-même du mal à la comprendre. De l’amertume peut-être. C’est comme si elle n’était plus cette fille d’hier, cette fille qui avait partagé plus que quelques verres avec moi. « D'où tu piques dans mes paquets toi ? » Je grimace. Je pourrais lui reprocher beaucoup de choses comme son attitude fière, ses mots cinglants, sa radinerie, même pas le moindre sourire ni remerciement. Merde. Je me doute qu’elle me dit cela juste pour me saouler un peu plus, juste histoire de montrer qu’elle domine. Pauvre fille orgueilleuse. Je veux bien reconnaitre que s’accaparer les objets des gens sans leur permission n’est pas un exemple même de politesse, mais ce n’est pas comme si j’étais du genre à lécher les bottes de quelqu’un pour obtenir ce que je veux. Lécher autre chose, je ne dis pas, mais ce n’est pas pareil. Enfin blague à part, elle pourrait au moins montrer un peu de gratitude.

- Me fais pas rire, c’est pas ça qui va te ruiner.

J’ai raison. J’ai toujours raison. Après tout, je ne suis qu’une étudiante fauchée obligée de revendre quelques trucs pas très légaux pour payer ma bouffe, alors qu’elle travaille. Dans un bureau de tabac en plus. Elle se fout sérieusement de ma gueule. Extasy, peut-être qu’elle est comme cela sans s’en rendre compte. Peut-être qu’elle est naturellement méchante, insupportable. J’en suis de plus en plus convaincu. Je ne suis pas du genre naïve à croire que tout le monde est gentil et me veut du bien. Non. C’est vrai, je connais les Hommes, leurs vices, leurs défauts. Je n’ai pas couché avec elle pour sa gentillesse. Pourquoi je l’ai fait d’ailleurs ? Pourquoi elle ? Je n’ai pas fait ça par intérêt, je ne suis pas une prostituée et elle n’a pas grand-chose à m’apporter. Peut-être son charme, pas évident à première vue. Pourtant, c’est vrai qu’elle m’avait intriguée dès la première fois que j’étais rentrée dans sa boutique. Ce n’était pas de l’attirance, juste un sentiment curieux, une envie inconsciente de savoir qui elle était, de la comprendre. Mais je réalise que je ne la comprends toujours pas. Lentement, cette réalité m’apparait sous les yeux. Ce que je ressens n’est pas de la peine, ce que je vois n’est pas du mystère. Elle m’énerve juste. Le fait qu’elle m’énerve me met encore plus en colère. J’aimerais juste être indifférente. Mais je suis prise au piège. Déjà. Je ne parle pas d’amour, ce sentiment n’est pas pour moi. Sérieux, vous me voyez, moi, une junkie merdique, aimer quelqu’un plus que ma came ? Non, c’est impossible. Ce n’est pas de l’amour. C’est quelque chose de bien plus complexe. Un « truc » qui n’a pas de nom et qui serait bien trop long d’essayer d’expliquer.

« Hé, hé ! Si tu squattes MA douche tu fais MA bouffe. Question de logique. Sinon j'te fou dehors. »

Amour, me disiez-vous ? Vous voyez, vous vous êtes totalement fourvoyés. Sale pute. Je sais, ce n’est pas poli et je ne devrais pas avoir un tel langage, mais ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. D’autres suivent, mais vos yeux souffrirais de lire tant de vulgarité. Je crois que mon visage a viré au rouge en une fraction de seconde. Je perds le sens des réalités. Je perds toute notion, je perds le peu de cervelle qu’il me reste. Les poings serrés, j’ai envie de frapper. De la frapper, elle. Ou n’importe quoi. J’ai envie qu’elle se la ferme, qu’elle ne redise jamais ce genre de choses. Ses mots me blessent. Ils me disent : on s’est bien amusé mais ça s’arrête là. Merci, tu peux te casser maintenant, je n’en ai rien à foutre de toi. Je grince des dents. Ma mâchoire est douloureuse d’ailleurs. Soudainement, Je sens une bouffée de chaleur envahir mon corps entier. Mes poils se hérissent. Les drogues de la veille n’ont pas totalement disparu. Je n’ai pas encore récupéré. La redescente, je déteste ça. Ca m’irrite encore plus vite que quand j’ai mes règles, c’est pour dire. Je retiens ma rage. C’est ridicule après tout.

- Putain, tu peux te la bouffer ta logique.

J’inspire fortement et marque un temps d’arrêt. Qui de nous deux est pas plus prétentieuse ? C’est un peu comme une guerre débile pour savoir qui aura le dernier mot. Un peu comme deux enfants qui se chamaillent. Je t’aime, moi non plus.

- Compte pas sur moi pour faire ta bonniche, j’m’en passerais de ta douche.

Je ne la regarde pas. Je m’éloigne d’elle et récupère mon sac. Dans ce sac, il devrait y avoir mes cours, mais je ne suis pas ce genre d’élève. Il est quasiment vide, encombré seulement d’objets sans aucun rapport avec les cours. Ne vous emballez pas, je le ne prends pas pour me casser. Qu’elle me foute dehors si elle le veut, mais personnellement, je n’ai pas envie de partir. Pas maintenant. Pas tout de suite. Je viens de me lever après tout, je n’ai pas spécialement envie de dégager dans l’immédiat. Et puis pour aller où ? Retourner au lycée, pieuter dans un pensionnat pourri et avoir des leçons soporifiques ? Non merci. En plus, j’imagine déjà la longue tirade de reproches que je vais me taper pour avoir séché les cours. A part ça, qu’est-ce qu’il me reste ? La rue ? Le choix est vite fait. Je m’assois en tailleur sur le sol. Il est froid, mais ce n’est pas inconfortable.

- Tu veux que j’me casse ?

Il me faut faire un minimum d’effort pour donner au ton de ma voix un ton de désintérêt. Fais ce que tu veux, j’m’en fous. J’ouvre le sac, y sors un livre et ma trousse. C’est vrai qu’à première vu en fait, on pourrait croire que je travaille. Mais l’utilité que j’en fais n’est pas ce qui est habituel. Je sors un pochon en plastique de la trousse. Je décide d’aller flirter avec madame la blanche, parce qu’elle, elle ne me trahira jamais. Une jolie poudre vient recouvrir la couverture du livre. Une carte de crédit pour la travailler et une paille pour m’envoler. Décollage imminent, attachez bien vos ceintures. L’effet est presque instantané. La fatigue s’enfuit, la colère disparait et l’euphorie me guette. Je rigole. Ouais, cette madame là, je l’aime. A la vie, à la mort. Pour toujours, jusqu’à ce que la mort nous sépare, je lui ai juré fidélité. L’espace d’un instant, j’oublie ce qui m’entoure. J’oublie Exta, ses mots tranchants, ses gestes masculins, son visage sévère et tous ces petits détails qui me disent le contraire de ce qu’elle pense. J’oublie a quel point elle m’obsède.
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MessageSujet: Re: I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY   

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I still need you by my side I still hear you late at night. - JENY
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